DENIS CHEISSOUX AU NATUREL
« Le développement soutenable, une vraie conviction personnelle »
Denis Cheissoux, l’animateur de l’émission CO² mon amour sur France Inter présentera la conférence inaugurale du Salon Terre ! Rencontre avec celui qui, depuis plus de vingt ans, sert la cause du développement durable. Une réflexion qui dépasse les enjeux écologiques.
Entretien
Vous êtes maintenant depuis plus de dix ans le monsieur écologie de Radio France. De quand date votre engagement pour la défense de l’environnement ?
Denis Cheissoux : Originaire du Tarn, je sais depuis l’âge de quatre ans ce qu’est un écosystème. Depuis, je n’ai cessé d’être proche de la nature sans jamais la magnifier. Je fais partie de ces dingues qui font encore entre 6 et 7 000 kilomètres par an de randonnée à vélo. Je défends la notion de développement soutenable depuis une bonne vingtaine d’années. Par pour surfer sur la vague mais par vraie conviction personnelle. J’ai vu très tôt que nos sociétés généraient un certain déséquilibre. Et je suis persuadé que lorsqu’on maltraite un écosystème, ce n’est jamais bon pour l’homme.
Vous préférez parler de développement soutenable que de développement durable ?
Denis Cheissoux : Sans revenir sur la définition des termes et leur historique, la notion de développement soutenable me semble plus juste. Elle englobe une multitude de paramètres : la nature, les interactions récentes de l’homme, l’économie… Mais au-delà des mots, nous sommes dans une période assez géniale, finalement. C’est la fin d’une civilisation et le début d’une autre. Au fil du temps, le citoyen a été transformé en consommateur. La période que nous vivons actuellement est certainement une formidable opportunité pour inventer une nouvelle société. De toute manière, on n’a plus vraiment le choix. Si on continue comme ça, il y aura de la casse. Je ne pense pas seulement aux conséquences du réchauffement climatique mais plutôt aux « précaires énergétiques ». Un phénomène récent qui risque de s’aggraver si on ne prend pas rapidement les choses en main…
Alors comment on fait bouger les choses ?
Denis Cheissoux : Il faut informer, alerter mais aussi sensibiliser. J’essaie de le faire à mon niveau en donnant des exemples de bonnes pratiques. Nous avons un devoir d’espérance. Mais il ne faut pas oublier que nous fonctionnons aussi sur la peur, l’envie et le désir. Le développement soutenable passe par les économies (isolation, transports, alimentation), la réglementation et l’exemplarité. Quand les élus locaux, par exemple, parient sur l’intelligence de leurs administrés, agissent localement et à long terme, ils constatent une baisse des incivilités et une plus grande implication citoyenne. Le développement soutenable passe par l‘environnement mais aussi par le social.
Le Salon Terre ! peut donc servir efficacement ces différents objectifs ?
Denis Cheissoux : Oui. D’autant plus que cela me semble cohérent avec la politique menée depuis de nombreuses années par le Pays de Lorient. Je connais mal l’agglomération lorientaise mais je sais que Lorient est en pointe sur les thématiques de l’eau et des économies d’énergie. Deux domaines transversaux qui touchent tous les secteurs de la société. Et, il est important de lutter contre la politique sectoriel pour réinterroger notre projet de société. Le développement soutenable est une question de cohérence !
